TRAJAN - TRAIANUS

Trajan portait le même nom glorieux que son père et son nom complet était : IMPERATOR • CAESAR • DIVI • NERVAE • FILIVS • MARCVS • VLPIVS • NERVA • TRAIANVS • OPTIMVS • AVGVSTVS • FORTISSIMVS • PRINCEPS • GERMANICVS • DACVACS .

Sur la colonne Trajane, ainsi que sur le fronton de la basilique Ulpia à Rome, il est écrit :
IMP [eratori] CAESARI DIVI NERVAE FILIO
NERVAE TRAIANO OPTIMO AVG [usto]
GERMANICO DACICO PONT [ifici] MAX [imo] TRIB [unicia]
POTEST [ate] XVIII IMP [erators] VII CO [n] S [uli] VI P [atri] P [atriae]
PRINCIPES TRÈS FORTS SENATUS P [opolus] Q [ue] R [omanus]
Traduction : “A l’empereur César , fils de l’étoile Nerva, Nerva Trajan Optimus Augusto Germanico Dacico, Pape Maxime, (investi du) pouvoir tribunicia dix-huit (fois), (acclamé) empereur sept (fois), consul six (fois), père de la patrie, très fort prince, le Sénat et le peuple romain (posero) “

Écrit similaire à Brindisi :
IMP – CAESARI – DIVI – NERVAE – F – NERVAE – TRAIANO – AVG – GER – DACIC -PONT – MAX – TRIB – POT – XIV – IMP – V – COS – VI – P – P – BRVNDVSINI – DECVRIONES – ET – MVNICIPES

 
 

(A Nerva Traiano, Empereur, César, Auguste, fils de l’étoile Nerva, Germanicus, Dacien, Pontife Maximus, Tribun pour la quatorzième fois, Empereur pour la cinquième, Consul pour la sixième, Père de la Patrie, les Decurions et Municipalités de Brindisi).

Trajan fit la carrière et le cursus honorum nécessaires à la politique, dans l’armée, comme la plupart des rejetons d’une bonne famille, acquérant ainsi les charges de questeur, préteur et légat. Il fut tribun militaire avec son père, en Syrie, durant les années 76-77. La guerre des Juifs a été la grande école militaire de Trajan. Il occupe ensuite le tribunal d’instance entre 83 et 85 et en 91 il devient consul. 

Sa formation militaire fut complétée à Mogontiacum (Mayence, Allemagne), où un rôle important fut joué dans la guerre contre les Catos en 83, sous Domitien. En 88 la révolte d’Antonio Saturnino, gouverneur de la Haute-Allemagne, soutenu par deux légions stationnées à Mogontiacum, trouva à Trajan, à la tête de la légion VII Gemina venue d’Espagne, son puissant adversaire qui le battit. 
 
En 96, Trajan est nommé gouverneur de la province de Haute-Allemagne par l’empereur Nerva, et c’est à Mogontiacum qu’il reçoit la nouvelle de son adoption au trône impérial par Nerva, par l’intermédiaire d’un parent, Elio Adriano, autre grand et futur empereur.
 
 
 
 
L’EMPATHIE DE TRAIANO

La consolidation du pouvoir de Trajan à Rome est due à l’harmonie qu’il a su établir entre le Sénat, les optimats, le peuple et lui-même. Cette harmonie était la principale caractéristique de son gouvernement, discutant avec n’importe qui, parlant et convainquant calmement et raisonnablement. Il n’a jamais fait de démonstrations de pouvoir comme l’ont fait dans certains cas Vespasien (69-79) et dans de trop nombreux cas son fils Domitien (81-96).
 
Trajan a noué des amitiés avec de nombreux personnages en nouant de nombreuses relations personnelles. Il accorda également de l’attention à l’armée pour ses grandes compétences en tant que général et pour son équité et sa générosité envers les légionnaires. Il était généreux et sans ostentation avec le peuple romain qui l’admirait et l’aimait. Mais en dépit d’être un soldat, il a également rencontré la faveur des classes instruites, car il était éduqué et sensible à l’art. 
 
Bref, Trajan était charismatique et Pline le Jeune, assez sobre dans ses louanges, mais qui était aussi son ami, dans son Panégyrique, présenta Trajan comme le prince idéal, presque divin. L’appel de « Optimo Maximus » qui mena à partir de l’an 109, était un titre réservé jusqu’alors à Jupiter. Trajan était respectueux des Dieux et identifiait leur bienveillance en faveur de Rome, ce n’est pas un hasard si le “miracle de la pluie” en faveur des Romains est illustré sur la Colonne Trajane.

Trajan était un soldat né et il gagnait partout où il passait, pour son ingéniosité militaire, sa prudence, sa pantasia et son étude minutieuse de chaque situation, mais aussi pour l’élan qu’il savait insuffler à ses légionnaires. En 96, il devint gouverneur de l’Allemagne aux frontières troublées des bords du Rhin, il combattit pour l’empereur Domitien contre les Allemands, se faisant reconnaître comme l’un des meilleurs commandants de l’empire.

Tué Domitien, lui succéda Nerva, très impopulaire dans les milieux militaires, pour qui, ayant besoin du soutien de l’armée, pour ne pas subir le même sort que Domitien, il jugea opportun d’adopter comme fils et de nommer comme successeur Trajan, chef militaire respecté et redouté.

 

 

 

 

OPTIMUS PRINCEPS

Trajan restera dans l’histoire comme l’Optimus princeps, ou comme le meilleur empereur connu de Rome tout au long de sa longue histoire. Il a été compté parmi les “Cinq bons empereurs” du deuxième siècle, avec Octave, Hadrien, Antoninus Pius et Marcus Aurelius.

On raconte qu’à son secrétaire, regrettant que son maître ait fait confiance à tout le monde avec insouciance, Trajan répondit : « Je traite tout le monde comme je voudrais que l’Empereur me traite, si j’étais un simple citoyen ».

Une autre anecdote raconte qu’une veuve l’a arrêté, alors qu’il partait en guerre pour la Dacie, pour demander justice pour son fils assassiné.

Trajan lui a assuré qu’il pourvoirait à son retour mais la veuve lui a rappelé qu’il pourrait ne pas revenir, ce à quoi Trajan a garanti que son héritier s’en occuperait. La femme, cependant, a souligné qu’à ce moment-là, elle n’aurait pas tenu sa promesse personnelle, à ce moment-là, Trajan mit pied à terre, chercha et punit le coupable, rendit justice à la veuve et partit pour la guerre.

Vrai ou pas avec lui l’Empire va connaître un renouveau économique et un renouveau dans l’administration publique. A cela Trajan ajoutera les exploits de guerre victorieux, même si de peu de valeur réelle, car les nouveaux territoires seront difficiles à conserver longtemps, mais ils consolideront la renommée de Trajan pour le peuple et pour le Sénat.

 

 

 

 

 

 

 


POLITIQUE INTÉRIEURE

Trajan renforce le pouvoir impérial contre les républicains et la lignée occidentale et italique contre le pouvoir oriental, tout en entretenant d’excellentes relations avec le Sénat.

À cause de ça :

  • Il a renouvelé la classe noble, remplaçant bon nombre des plus anciennes familles nobles par de nouvelles, souvent d’origine provinciale et équestre.
  • Il a employé de nombreux représentants équestres, plutôt que le traditionnel des affranchis, dans les hautes sphères de l’administration publique.
  • Il recruta les cadres administratifs impériaux parmi les représentants de la bourgeoisie municipale italique.
  • En 108, il promulgua une disposition qui obligeait les nobles sénateurs, désormais propriétaires terriens de province, à investir au moins un tiers de leurs biens dans des terres italiennes ;
  • Il met en place les alimentationes, institutions de prévoyance de l’État pour l’étude puis l’emploi des orphelins dans les cadres inférieurs de l’administration.
  • Fourniture de prêts à faible taux aux entreprises de la classe moyenne pour financer la croissance économique.

 

 

 

LES TRAVAUX D’ARCHITECTURE

(CIL VI 955 = ILS 286).
– Imp (erators) Caesari divi Nervae f. Nervae Traiano Aug. Germanico Dacico, maximo pontifes, tribunic. pot. VII, imp. IIII, cos. V, pp, tribus XXXV, quodliberitate optimi principis commoda earum etiam locorum adiectione amplifié sint. –
La date de la dédicace est dérivée de la mention du pouvoir de la VII tribunicia (du 10 décembre 102 au 9 décembre 103) et de celle du V consulat, qui était couverte en 103. L’inscription a donc été placée entre le 1er janvier 103 ( donc . V) et le 9 décembre 103 (à partir du lendemain Trajan était un tribut à pot. VIII).

La IVe acclamation impérative (imp. IIII), ainsi que le cognomen ex virtute de Dacicus, remontent à 102. A propos de l’occasion de ce certificat de gratitude des 35 tribus (c’est-à-dire de la plèbe de Rome) pour la munificence de l’optimus princeps, il semble que l’expression “quod…. commoda earum etiam locorum adiectione agrandi sint” ne faisait pas allusion à une augmentation des places due à l’agrandissement du Circus Maximus, mais plutôt à l’augmentation du nombre de personnes admises aux distributions gratuites de blé
(voir MOMMSEN, Staatsr., III p. 446 n. 3).

    • Il fit construire de toutes pièces, par l’architecte Apollodore de Damas, le célèbre port hexagonal de Trajan à Fiumicino, dont les vestiges sont conservés, qui reliait Rome aux régions occidentales de l’Empire. Le port disposait de deux mille mètres de quai, améliorant ainsi considérablement l’approvisionnement de la ville.
    • Il a ensuite construit un autre canal, reliant Ostie par une route goudronnée à deux voies.
    • Il agrandit le port d’Ancône avec la construction d’une jetée, avec un magnifique arc commémoratif, pour la navigation vers l’Est.
    • Il a prolongé le tracé de la Via Appia vers le port de Brindisi, qui partait d’une autre arche construite à Bénévent.
    • Il a effectué de nombreuses poldérisations dans l’Agro Pontino dans les marais pontins, remplaçant de nombreux marécages en terres arables.
    • A Rome, Apollodore de Damas a construit le splendide Forum de Trajan , encore visible et ouvert aux visiteurs, avec des bâtiments pour l’administration publique, en plus de la Basilique Ulpia, la place, les arcades, les colonnades, les bibliothèques, les statues, le temple de divo Traiano, et le Colonne Trajanecomme une célébration des conquêtes militaires daces, l’un des plus beaux monuments de Rome. 30 mètres de haut et 4 mètres de large, colorée à l’origine, avec un escalier en colimaçon à l’intérieur qui mène au sommet et à l’extérieur une spirale sculptée qui enveloppe la colonne de 200 mètres de large, 1 mètre de large, avec plus de 2000 personnages en bas-relief. Au-dessus se trouvait la statue de l’empereur (malheureusement remplacée en 1588 par celle de Saint-Pierre), et à la base l’urne funéraire en or avec les cendres de Trajan qui eut l’honneur d’être enterré à l’intérieur des murs de la ville. L’urne a été volée par les Wisigoths lors du sac de Rome en 410 et a disparu à jamais.
    • Il fit construire un nouvel aqueduc pour recueillir l’eau des sources sur les monts Sabatini, près du lac de Bracciano (lacus Sabatinus), avec un chemin souterrain le long de la Via Clodia et Trionfale puis sur des arcs le long de la Via Aurelia. Il arriva à Rome sur la colline du Janicule, sur la rive droite du Tibre.
    • Il a également construit des aqueducs en Dalmatie, en Espagne et dans l’Est, où les climats arides nécessitaient de plus grandes ressources en eau.
    • À Rome, il fit agrandir les canaux souterrains et les tunnels de la Cloaca Massima pour l’écoulement des eaux de pluie et des eaux usées qui se déversaient dans le Tibre.
    • Il fait construire des berges et des canaux sur le Tibre le long des tronçons les plus à risque pour éviter les débordements.
    • Il fit reconstruire et agrandir le Circus Maximus, avec les trois premiers anneaux à la base en béton recouvert de briques et de marbre, et seul l’anneau supérieur en bois. Ainsi la structure est devenue sûre et ignifugée, favorisant la construction de commerces et boutiques sur les côtés.
    • Sur la colline d’Oppian, il fit construire des thermes grandioses sur les restes de la Domus Aurea de Néron ; on y accédait par un grand propylée qui menait directement à la natatio, la piscine en plein air.
    • Sur la rive droite du Tibre, là où se dresse le château Saint-Ange, il a construit une zone pour les naumachies, batailles navales.
    • En Égypte, il reliait le Nil à la mer Rouge par un grand canal (rivière Trajan).
    • En Dacie, il fonde de nouvelles colonies qu’il romanise rapidement. La Colonia Ulpia Traiana a été construite sur les cendres du barbare Sarmizegetusa Regia.
    • Il fit construire de nombreux ponts, le fameux sur le Tage près de la ville espagnole d’Alcantara et, le plus long, sur le Danube près de Drobeta, construit à l’occasion de la campagne de Dacie de 1135 m, construit pour ravitailler les légions qui avançaient et pour frapper les ennemis avec une démonstration similaire de supériorité technologique, logistique et militaire
    • Dione Cassio Cocceiano : « à la même époque (Trajan) pave les Marais Pontins et construit des édifices et des ponts à proximité de la rue, dont de très beaux » (Histoire romaine, livre LXVIII).

Le médecin et philosophe Claudio Galen: ” il a reconstruit les rues dans les parties où elles étaient humides et boueuses, les pavant et élevant le niveau avec des remblais, et a construit des ponts sur les rivières qui n’étaient pas guéables ” (Methodus medendi 9,8) .

 

LES GUERRES

Trajan, en tant que général militaire, s’est consacré à l’expansion de Rome, à la fois pour accroître son prestige et pour renflouer les caisses de l’État. Il soutint cinq campagnes : deux contre la Dacie, une contre les Arabes, une contre les Juifs de Cyrénaïque, une dernière contre le royaume parthe.

La guerre dace a été menée pour la richesse naturelle des régions danubiennes et la nécessité d’endiguer les incursions continues des Daces, dirigés par le roi Decebalus.
« Décébale, ayant appris l’arrivée de Trajan, eut peur, car il savait qu’avant il n’avait pas vaincu les Romains mais Domitien, alors que maintenant il se serait trouvé à combattre à la fois contre les Romains et contre Trajan.
(Cassio Dioné, LVIII, 6, 2.)

La première campagne (101-102) se termina par l’assujettissement d’une partie de la Dacie, mais la seconde (105-106), due à la rébellion du roi Decebalus, bien que maintenu sur le trône par les Romains après sa défaite, assimile la Dacie comme province de l’Empire, faisant passer ses riches ressources en or dans les coffres du trésor romain. Les exploits militaires de Trajan en Dacie furent célébrés dans la splendide “Colonne Trajane” en 113 après J.-C.

Le plus important fut la guerre des Parthes contre l’ennemi historique de Rome : le royaume des Parthes. Ceux-ci, vaincus par les raids des Huns et l’armée de la dynastie Han, interrompirent la trêve de guerre avec Rome sur les frontières arméniennes. D’autres régions de l’Est ont commencé à se rebeller.

Ainsi Trajan est contraint d’intervenir avec l’armée en Syrie, en Arabie (fondation de l’Arabie Pétrée en 106) et en Cyrénaïque. Mais la grande guerre parthe la combattit entre 114 et 115, la terminant par la conquête de l’Arménie, puis de la Mésopotamie, amenant la domination de Rome dans le golfe Persique.

 

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